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Santé mentale : une crise majeure chez les jeunes, les femmes et les soignants
Plusieurs études récentes confirment l’aggravation préoccupante de la santé mentale en France, en particulier chez les jeunes, les femmes mais aussi les professionnels de santé.
Selon une enquête publiée par France Info, menée avec la Mutualité française, l’Institut Montaigne et l’Institut Terram, un quart des 15-29 ans présente des symptômes dépressifs, un chiffre bien supérieur aux 14 % qui s’auto-évaluent en mauvaise santé mentale. Cette détresse, souvent sous-estimée, est étroitement liée aux conditions de vie : près de 47 % des jeunes en grande précarité sont concernés, soit trois fois plus que ceux issus de milieux favorisés. L’étude met également en évidence de fortes inégalités sociales et territoriales, ainsi qu’un écart marqué entre les genres.
Appuyant ce constat, une autre étude récente menée par la Fédération hospitalière de France met en évidence la surreprésentation des jeunes femmes parmi la population concernée par ces troubles. Elle alerte sur une crise sans précédent, avec une hausse de 118 % des tentatives de suicide chez les adolescentes de 10 à 14 ans en cinq ans. Par ailleurs, l’étude souligne que 79 % des 18-24 ans ayant des troubles psychiques rencontrent des difficultés d’accès aux soins.
La situation des soignants apparaît également très préoccupante. Une note de l’Institut Sapiens publiée en février 2026 rappelle que la santé mentale des professionnels constitue désormais « un déterminant majeur de la qualité et de la continuité des soins ». Elle met en évidence une exposition accrue : 41 % des personnels hospitaliers présentent des symptômes dépressifs (contre 33 % dans le reste de la population active) et 30 % des symptômes anxieux. Cette dégradation s’explique par des facteurs structurels tels que l’intensification du travail, la charge administrative, le manque d’autonomie ou encore la difficulté à exprimer la vulnérabilité dans des organisations très hiérarchisées.
Entreprendre pour Aider soutient en 2026 quatre projets spécifiquement dédiés à ces publics fragilisés, touchant au total 110 bénéficiaires. Face à la gravité des constats, EpA analyse actuellement ces données afin d’ajuster sa stratégie de subvention, avec l’ambition d’être au plus près des besoins du terrain et des personnes vivant avec des troubles psychiques.

© Auteure anonyme - Dessin réalisé par une jeune femme souffrant de troubles psychiques suite à des violences subies, accompagnée par l’association A4 en médiation artistique.
