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Notre invitée

Alice Pierre-François,

Responsable du secrétariat général

du Collectif national des SISM.

Du 5 au 18 octobre 2026, les Semaines d’information sur la santé mentale (SISM) mobilisent des milliers d’acteurs partout en France métropolitaine et ultramarine. Entretien avec Alice Pierre-François, responsable du secrétariat général du Collectif national des SISM au sein du PSYCOM.

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EpA : Que représentent aujourd'hui les SISM et comment fonctionne leur organisation ?

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Alice Pierre-François : Les SISM existent depuis plus de trente ans. D'abord centrées sur la psychiatrie et la lutte contre les tabous, elles sont progressivement devenues un grand rendez-vous de promotion de la santé mentale. Le Collectif national rassemble désormais 26 organisations issues des secteurs sanitaire, social, médico-social, associatif et de l'entraide.

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Les SISM ont une particularité : elles reposent sur une dynamique profondément collégiale. Chaque année, le Collectif national définit un thème commun, met à disposition des ressources et anime le réseau. Mais ce sont les acteurs de terrain qui donnent vie aux SISM. Chaque territoire s'approprie le thème national tout en respectant une charte et des principes communs. Derrière cette mosaïque d'initiatives, on retrouve les mêmes ambitions : promouvoir la santé mentale, lutter contre les préjugés et encourager les coopérations locales au service des habitants.

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En 2025, plus de 3100 événements ont eu lieu, et pour l'édition 2026, nous comptons déjà près de 1700 événements inscrits sur la plateforme.

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Dans de nombreux territoires, les SISM permettent ainsi à des acteurs qui se connaissaient peu de construire des projets communs et parfois des partenariats durables, bien au-delà de la période de la manifestation. Une étude récente montre d'ailleurs que 82 % des organisateurs d’événements estiment que les SISM favorisent le travail en réseau et que 81 % considèrent qu'elles contribuent à lutter contre la stigmatisation.

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EpA : Pourquoi avoir choisi le thème «Pour notre santé mentale, ouvrons-nous aux arts» ?

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Alice Pierre-François : Il s’est imposé naturellement. Depuis plusieurs années, nous observons que de nombreux événements SISM mobilisent déjà les arts pour aborder les questions de santé mentale.

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Les données scientifiques confirment cette intuition. Le rapport de l’OMS consacré aux arts et à la santé montre que les pratiques artistiques, qu’elles soient créatives ou simplement réceptives, ont des effets bénéfiques sur le bien-être, la santé mentale et les liens sociaux. Ils permettent d’exprimer ce qui est parfois difficile à dire, de changer de regard sur soi et sur les autres et de créer des espaces de rencontre.

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Ce sujet est particulièrement important dans un contexte où les indicateurs de santé mentale restent préoccupants. En Île-de-France, près de 15 % des adultes déclaraient avoir vécu un épisode dépressif caractérisé en 2021, avec une situation particulièrement inquiétante chez les 18-24 ans.

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EpA : En effet parlons d’Île-de-France ; comment les SISM s’organisent-elles dans ce territoire dense ?

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Alice Pierre-François : En effet, une récente étude constate que, pour la première fois, les citoyens en IDF déclarent en moyenne une situation de santé mentale moins bonne que celle ressentie dans le reste de la France. Alors, depuis deux ans, un important travail de coordination est mené avec l’Agence régionale de santé Île-de-France et le Pôle santé mentale de la Ville de Paris. Cette dynamique permet d’accompagner les porteurs de projets dans le cadre des SISM, de favoriser les rencontres et d’encourager les initiatives locales.

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Nous constatons une forte mobilisation, notamment dans les quartiers prioritaires. Les projets sont souvent gratuits, accessibles et construits au plus près des habitants. Cette dimension inclusive est essentielle, car les arts ont aussi la capacité de toucher des publics qui restent parfois éloignés des dispositifs classiques de prévention ou de soin.

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EpA : Qu’espérez-vous de cette édition 2026 ?

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Alice Pierre-François : Nous souhaitons avant tout montrer que la santé mentale concerne tout le monde et qu’elle se construit au quotidien. Nous espérons aussi que cette édition donnera envie à davantage d’acteurs de travailler ensemble. Car l’une des grandes forces des SISM est de créer des ponts entre les mondes de la santé, de la culture, du social et de la citoyenneté. C’est en croisant ces regards que nous faisons progresser durablement la santé mentale de tous.

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Pour en savoir plus sur la 37e
édition des Semaines d’infor-
mation sur la santé mentale
(SISM) :
www.semaines-sante-mentale.fr

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